Les 5 luminaires qui ont changé l’histoire du design

07.11.2025

Certains objets dépassent leur fonction. Ils deviennent des symboles, des références, des jalons dans l’histoire du design. En éclairage, quelques pièces ont radicalement changé la façon dont on conçoit, utilise et perçoit la lumière. En voici cinq incontournables.

1. L’Arco — Achille & Pier Giacomo Castiglioni pour Flos (1962)

Tout commence avec une question simple : comment éclairer une table à dîner sans percer le plafond ? Les frères Castiglioni s’inspirent des lampadaires de rue pour concevoir une lampe qui projette la lumière à deux mètres de sa base. Le résultat : une arche en acier inoxydable télescopique, ancrée dans un bloc de marbre de Carrare de 65 kg. Flos produit l’Arco sans interruption depuis 1962. La lampe fait partie des collections permanentes de la Triennale de Milan et du MoMA de New York. L’Arco reste à ce jour la lampe de sol arquée la plus copiée au monde — et la plus indétrônable.

2. La lampe PH — Poul Henningsen pour Louis Poulsen (1926)

En 1924, Poul Henningsen entame sa collaboration avec Louis Poulsen. Sa série PH voit le jour en 1926. Elle intègre un système révolutionnaire à trois abat-jours qui diffuse la lumière de façon homogène et élimine l’éblouissement. L’idée naît d’une obsession : produire une lumière aussi douce que celle des lampes à huile de son enfance. En 1958, Henningsen fait évoluer la série avec un système à cinq abat-jours, la PH 5, qui s’impose rapidement comme la référence absolue du luminaire domestique scandinave. Aujourd’hui encore, la PH 5 trône dans près d’une maison danoise sur deux.

3. L’Atollo — Vico Magistretti pour Oluce (1977)

L’Atollo n’est plus seulement une lampe. C’est un mythe, l’un des symboles les plus reconnus du design italien dans le monde, l’un des rares produits que les gens reconnaissent et désignent par leur propre nom. Magistretti assemble trois formes géométriques — un cylindre, un cône, une hémisphère — avec une précision quasi architecturale. Rien à enlever. Rien à ajouter. L’Atollo remporte le Compasso d’Oro en 1979 et révolutionne la façon dont on imagine la lampe de chevet. Depuis 1977, le modèle n’a pas changé d’un millimètre.

4. L’Anglepoise Original 1227 — George Carwardine (1932)

En 1932, l’ingénieur automobile britannique George Carwardine transforme un principe mécanique de son atelier en une nouvelle catégorie de lampe de travail. Un ressort, une manivelle et un levier suffisent pour créer un objet qui se positionne au moindre toucher et reste exactement là où on le place. Carwardine s’associe au fabricant de ressorts Herbert Terry & Sons. L’Anglepoise est née. La lampe équipe les avions militaires pendant la Seconde Guerre mondiale, les hôpitaux, les ateliers d’architectes. Elle entre dans les collections du Victoria & Albert Museum. Elle ne quitte plus les bureaux du monde entier.

5. La Tolomeo — Michele De Lucchi & Giancarlo Fassina pour Artemide (1987)

En 1987, Michele De Lucchi conçoit la Tolomeo comme une réponse à la lampe articulée traditionnelle, à un moment où Artemide cherche à réinventer ce type de luminaire. Son génie : dissimuler ressorts et câbles à l’intérieur des bras en aluminium, pour obtenir une forme d’une pureté absolue. De Lucchi considère la Tolomeo non pas comme une lampe, mais comme une formule — une philosophie du produit. La lampe remporte le Compasso d’Oro en 1989. Elle apparaît dans des dizaines de films et séries. Artemide produit aujourd’hui près d’un demi-million de Tolomeo par an. C’est la lampe de bureau la plus vendue au monde.